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Accessibilité du territoire : la Bretagne à Grande Vitesse : pari tenu ?

SNCF COPYRIGHT SNCF-mediathèque Philippe Fraysseix

Paris à 3h de Quimper et de Brest, un rêve d’aménagement territorial ou une réalité en marche ? Si les travaux ont bien démarré à partir de la base d’Etrelles, la réflexion sur la poursuite de la ligne à grande vitesse de Rennes vers la pointe Finistère est ouverte, tandis que la réorganisation du transport aérien reste suspendue à l’ouverture éventuelle du chantier de Notre-Dame des-Landes.

 

« Tout est fait pour que le rendez-vous de 2016 soit tenu, confirme Patrick Leweurs, directeur du projet LGV Bretagne-Pays de la Loire chez RFF. Le TGV arrivera en gare de Rennes au plus tard le 15 mai 2017, grâce aux 180 kms de voies nouvelles où les trains pourront rouler à 320 km/h, assurant un gain de 37 minutes sur la liaison Rennes Paris.
La LGV apportera ainsi une contribution majeure à la réduction à terme à 3 heures du temps de parcours entre Paris - Brest et Paris – Quimper ».
Priorité nationale, l’arrivée de la LGV a donc pour objectif de « développer de manière significative la desserte de la Bretagne, en réduisant la position périphérique de l’Ouest et en renforçant son accessibilité vers les autres régions françaises et européennes ».
Le chantier est rentré dans la phase opérationnelle en août 2011, les acquisitions foncières se poursuivent, la base de travaux d’Etrelles a démarré en juillet 2012 et les 7 tronçons (TOARC : Terrassements, Ouvrages d’art et Rétablissements de communication) progressent en parallèle : soit un programme de 3,4 milliards d’euros, dont 2,8 milliards au titre du contrat PPP (Etat, ERE et RFF) et 600 millions pour la rénovation des gares et les jonctions, portés par le contrat de plan.

Rennes et après ?

En effet, même si l’on n’est pas finistérien, le schéma n’est acceptable pour la région qu’avec l’amélioration des lignes Rennes - Brest et Rennes - Quimper. Actuellement, les meilleurs temps de parcours sur Brest ou Quimper sont de plus de 4 heures. Un TGV ne circule à grande vitesse que sur 30% du trajet. Des travaux sont donc en cours sur les lignes Rennes - Brest et Rennes - Quimper avec rectification des voies et suppression des passages à niveau pour accueillir les TGV en 2017. Mais ce n’est pas encore la Grande vitesse.
« La réflexion sur la poursuite de la LGV jusqu’à la pointe Bretagne est lancée, en même temps que l’amélioration de Rennes - Nantes et Bretagne Sud - Nantes sur des tracés neufs, poursuit P. Leweurs : en septembre, des ateliers de concertation ont démarré dans chaque département, avant le lancement de la procédure de débat public qui démarrera au mieux fin juin 2013.
La Région nous a demandé de faire des études complémentaires sur l’accessibilité (définie par une norme européenne), sans changer le calendrier. Le dossier est déjà très complet et fait apparaître des retombées économiques conséquentes pour la région ».

Un impact mesuré sur l’économie

« En termes d’emplois, directs, indirects et induits, le chantier LGV devrait amener la création d’environ 10 000 emplois par année de chantier, précise Loïc Dorbec, directeur des opérations ERE(Eiffage Rail Express) en s’appuyant sur les mesures réalisées sur le chantier du TGV Rhin Rhône, soit, plus globalement, des retombées économiques estimées à 1 million d’euro par km de voie nouvelle.
La part de la sous-traitance prévue au contrat doit représenter le tiers des travaux. Déjà 50% du génie civil en Ille-et-Vilaine ont été attribués à Charier Pigeon, on travaille dans le domaine du génie écologique avec Dervenn (Mouaze - 35). Avec l’accord des collectivités locales, la base de travaux d’Etrelles sera transformée en zone d’activité après le chantier.
Le contrat comporte une clause d’insertion qui porte sur 8% des heures travaillées. Nous avons déjà signé 1000 contrats de travail. Deux ateliers de formation au BTP et à la conduite d’engins ont été ouverts en Mayenne et en Sarthe, on y forme des gens d’Ille-et-Vilaine. Un centre de formation au génie civil sera ouvert l’an prochain dans ce département pour assurer les besoins directs de nos chantiers. Ce type de grandes infrastructures avec une volonté politique, ça dynamise la région ! »
S’y ajoutent d’autres arguments comme l’impact sur la desserte interne des territoires. La LGV permet en effet de libérer des capacités sur les lignes classiques existantes pour le TER et pour le fret. Le projet doit participer à un rééquilibrage entre modes de transport, un des objectifs nationaux en matière de développement durable. Enfin, de nombreuses gares font l’objet d’aménagements conséquents, avec la création de Pôle d’Echanges Multimodaux (PEM) comme à Brest, Quimper, Morlaix, Guingamp, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Rennes, Redon, Vannes, Auray, et Lorient .
Patience toutefois, le chantier qui pourrait amener la LGV dans le Finistère s’étalerait sur près de 20 ans !

 

 

Propos recueillis par Clotilde Chéron

Bretagne Economique octobre 2012

 



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