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Les équipes des chambres de commerce facilitent l’éligibilité des aides financières régionales existantes à chacune de ces étapes et accompagnent les dirigeants dans leur levée de fonds.
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Les équipes des chambres de commerce facilitent l’éligibilité des aides financières régionales existantes à chacune de ces étapes et accompagnent les dirigeants dans leur levée de fonds.

START-UP - TPE - PME : comment financer son entreprise en Bretagne ?

Véronique Maignant, le 29.06.2017

Difficile de trouver de l'argent quand on est un jeune créateur ou qu’on souhaite développer son entreprise. Pourtant, il revient aux entreprises de viser les bons interlocuteurs, publics et privés, avant toute démarche de recherche de financement. Les CCI sont là pour aider les dirigeants à effectuer ce travail laborieux.

Parole d'élu
Chefs d'entreprise, faites-vous accompagner !

Simon Bourcier

Avant toute démarche de  recherche de financements,  il est essentiel de se  poser deux questions : qu’est-ce que l’on veut financer ? Et à quel moment de la vie de l’entreprise se situe-t-on ? Plus personne ne peut considérer une levée de fonds uniquement à travers un bilan comptable. Pour être crédible, tout porteur de projet devra nécessairement expliquer à son banquier et aux acteurs du financement public et privé son projet, sa stratégie, tout le sens de son action. Conseil ponctuel, regard extérieur sur le schéma de financement d’un projet d’entreprise, aide à la rédaction d’un mémorandum d’information, montage des dossiers d’aides publiques, les interventions des conseillers CCI sont multiples. Dans bien des cas, leur présence aux côtés des TPE/PME et start-up facilite l’obtention d’un accord de financement final. C’est  aussi tout l’enjeu de CCI Findays, une opération nationale d’envergure relayée en région par les CCI d’Ille-et-Vilaine et  du Finistère pour donner leur chance aux TPE/PME d’accéder à un vaste panel  d’investisseurs. Les 2 entreprises régionales en cours de sélection  bénéficieront de 48h de coaching intensif les 18 et 19 septembre à Paris, suivi d’un grand pitch en partenariat avec France Angels, BPI France, l’AFIC, Kiosk to Invest, Total Développement Régional et la French Tech.  

Benoît Cabanis
Référent Entrepreneuriat à la CCI Bretagne

"Si les banquiers restent les principaux interlocuteurs des entreprises en matière de financement, ils sont devenus beaucoup plus prudents. Aujourd'hui, tous les dossiers, même les plus petits, doivent obtenir l'accord d'un comité de crédit, estime Benoît Cabanis. En  Bretagne, malgré un écosystème d’aides à la création et au développement d’entreprises extrêmement solidaire, l’incompréhension entre les attentes du banquier et les besoins des TPE/PME entrave encore dans certains cas le développement de ces dernières. D’où l’importance pour elles de se faire accompagner". Si l’expert-comptable reste souvent l’interlocuteur privilégié des TPE/PME dans cet accompagnement, les réseaux d’appui tels que les CCI sont essentiels lorsqu’il s’agit de passer un cap stratégique, création, reprise, croissance, innovation ou encore ouverture à l’international. Les équipes des chambres de commerce facilitent l’éligibilité des aides financières régionales existantes à chacune de ces étapes et accompagnent les dirigeants dans leur levée de fonds. Ce travail se fait en partenariat avec la Région, les réseaux Initiative Bretagne, BCS, Entreprendre Bretagne, Breizh Angels, etc. "C’est d’autant plus important que l’obtention d’un prêt d'honneur ou le concours d'organisme comme Bpifrance est de plus en plus souvent demandé par les banques. Pour ne pas dire systématiquement", conclut Benoît Cabanis

Le prêt d'honneur, un accélérateur qui rassure les banquiers 

Chez Initiative Bretagne  961 porteurs de projets ont décroché un prêt d'honneur en 2016. Montant moyen : 8 780  euros. Cela paraît peu ? C'est oublié que ce prêt à taux zéro sert avant tout d'accélérateur de financement, "car ces réseaux fonctionnent un peu comme un gage de sérieux pour les banques, estime Patricia Lasnier co-présidente d’Initiative Bretagne (à gauche sur la photo en compagnie d'Elisabeth Parmentier également Co-présidente).  1 € de prêt d'honneur entraîne en moyenne 9 € de financements bancaires associés ". Pas question toutefois de faire des folies. Financer les pertes pour investir et accélérer son développement, c'est le rayon d'un autre type d'intervenant : les investisseurs privés. Pourquoi alors en passer par cette phase intermédiaire ? "Pour deux raisons, expose Benoît Cabanis, d'abord, l'accompagnement que proposent ces réseaux, et les nombreux contacts qu'ils permettent de nouer. Ensuite, pour se laisser le temps de se développer avant d'ouvrir son capital."  

Entreprendre Bretagne : soutien à l'amorçage

Initiée en 2002, l'association accompagne les entrepreneurs dont l'activité est la plus prometteuse. Elle est le relais de la Caisse des dépôts et consignation et de la Région pour le programme PHar, et octroie des prêts d'honneur d'amorçage aux entreprises innovantes. Selon Nicolas Frappier, son Président depuis deux ans, le leitmotiv de l'association est simple : "Pour créer des emplois, créons des employeurs."  Forte de ses 320 bénévoles, l'antenne bretonne de l'association est la plus importante de France. Grâce à elle, les 36 lauréats de l'année 2016 ont pu bénéficier d'un prêt d'honneur sans intérêt, avec un différé d’un an à rembourser sur 3 ans, entre 15 000 et 45 000 €. Un adhérent, patron d'expérience, prend ensuite le relais pour accompagner l'entrepreneur pendant deux ans.

Nicolas Frappier se félicite des "90%  de pérennité des entreprises suivies, à cinq ans. Trois profils de lauréats sont sélectionnés : les start-up innovantes et les ex-salariés qui se lancent dans la création d'entreprise (60%)  et les repreneurs (40%). Nous avons le soutien de la quasi-totalité des acteurs bancaires de la région. Sans faire la course au chiffre, nous cherchons un accompagnement de qualité, qui met l'humain au centre."  

A travers le Prêt Croissance-Réseau Entreprendre®, l’association propose aussi des prêts sur 7 ans, à taux fixe, d'un montant de 100 000 à 300 000 €  aux  entreprises qui présentent un vrai projet de croissance (externe, en recherche et développement, à l'export...), un exercice comptable de trois années révolues avec au moins quinze salariés et un chiffre d'affaires d'un minimum d'un million d'euros.  "Un comité stratégique de dirigeants suivra aussi la société dans ses réflexions et elle bénéficiera d’un accompagnement financier par la BPI."
 

Breizh Angels,  booster des start-up prometteuses

Les business angels de Bretagne ont décidé de jouer collectif. En 2015, les quatre clubs d’investisseurs de la région* ont créé Breizh Angels pour coordonner leurs actions et encore plus stimuler l’innovation. La Bretagne compte 230 business angels. Depuis 2005, ces « anges de la finance » ont aidé une  centaine de start-up et injecté 21 millions d’euros dans l’économie régionale. Chefs d’entreprise, cadres, à la retraite ou en activité, ils ont décidé de mettre leur argent au profit de projets innovants. "Nous intervenons en haut de bilan dans des sociétés avec pas ou peu de chiffre d'affaires, mais qui ont dépassé le stade de l'idée et offrent une innovation laissant espérer une croissance forte", énumère Georges Fournol, à la fois Président de Breizh Angels et de Bretagne Sud Angels. Les tickets vont  de 100  000 à 200 000 €, une somme qui peut être triplée avec le concours de co-investisseurs comme la BPI. Chaque Business angel investit en moyenne 10 000 €. "Comme c’est notre argent, nous nous investissons pleinement dans l’entreprise et ouvrons tout notre réseau au dirigeant. C’est à la fois notre force et notre différence avec un fonds d’investissement classique. Les  chefs d’entreprise bretons doivent cesser de penser qu’il faut détenir 100 % du capital pour garder le pouvoir. Au contraire, en ouvrant leur capital, de façon minoritaire, ils renforcent leur bilan et donnent confiance aux banques". Parmi les belles prises réalisées ces cinq dernières années: Hémarina à Morlaix.

 * Logoden Participations, Armor Angels,  Finistère Angels  et  puis Bretagne Sud Angels avec 2 sections Vannes et Lorient

Bretagne Capital Solidaire, soutien aux projets à forte avancée sociétale

Société d’investissement créée en 2001, Bretagne Capital Solidaire intervient également en haut de bilan en faveur de petits projets à fort taux de création d'emplois. Leur vocation est d’apporter des avancées sociétales sur le plan humain comme sur le plan environnemental. Chacun d’entre eux bénéficie en moyenne de 30 000 euros de financements. "Nous sommes les seuls en Bretagne à proposer à la fois une participation minoritaire en capital et une participation majoritaire en compte courant d’associés. Pour 5 000 euros investis, notre participation au capital s’élève à seulement 1 000 euros. Et le plafond de sortie de capital est limité à 4 fois le montant engagé" explique Cécile Michel, directrice de BCS depuis 2013.

Chaque année, elle reçoit entre 60 et 70 dossiers. "Ils sont généralement très qualifiés car ils sont adressés par nos prescripteurs, les banques, les experts comptables ou les CCI." Seule une petite douzaine d’entre eux est acceptée par le directoire. Celui-ci est composé de représentants de la Région et de la Caisse des dépôts, détenteurs à 50% du capital de BCS et des autres investisseurs privés, CMB, BPO et quelques particuliers. Parmi les belles réussites de BCS, ces dernières années, on retiendra Catalys Conseil au Rheu (35), Rosalie Life (35), V3C Environnement (35), la Compagnie maritime de la rade de Brest (29), Agari Compost (56). 

Breizh’up, un fonds de co-investissement piloté par la Région 

SAS constituée à 100% par la Région Bretagne, Breizh’up  accompagne depuis le 1er trimestre 2016 les jeunes entreprises innovantes en recherche de fonds propres et d'investisseurs. Elle se positionne exclusivement sur des levées situées entre 200 000 et 750 000 euros. Doté d'un capital de 10 millions d'euros (dont 8 millions d'euros, abondés par les fonds FEDER), cet outil de financement se veut complémentaire du fonds Go Capital Amorçage. Il intervient en effet toujours avec les réseaux de business angels. "Breizh Up est très orienté vers les startup, mais ne ferme pas sa porte aux entreprises existantes cherchant à financer une innovation qui n'a pas accès à des financements classiques. Il intervient notamment dans les filières d'avenir identifiées par la Bretagne, et qui comptent par exemple le numérique, l'agroalimentaire, les services et le maritime", détaillait lors de son lancement Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne.

Bpifrance Bretagne, la boîte à outils du financement ouverte à tous 

Financer un actif immatériel, regarnir sa trésorerie, financer ses exportations ou même augmenter son capital... Bpifrance Bretagne en partenariat avec la région intervient dans tous ces domaines. L'organisme de financement public s'est vraiment déployé tous azimuts, du plus court terme aux prises de participation longue durée, des TPE aux mastodontes. "L’année 2016 a été marquée en Bretagne par le renforcement du partenariat avec la Région , en particulier en innovation avec le PRI doté  de 10 millions d’euros (5 M€ Région - 5 M€ Etat) précise Hervé Lelarge, Directeur régional. Ce dispositif s’ajoute aux subventions, avances remboursables et autres prêts spécifiques à l’innovation déjà en place, soit 40 millions d’euros de financement pour 200 projets innovants". Autre nouveauté : le lancement du prêt croissance TPE avec une dotation régionale de 2 millions d’euros. "Désormais nous pouvons prendre plus de risques sur cette cible avec qui nous avions moins l’habitude de travailler. Ce produit rencontre si bien son marché qu’en cette mi-année nous avons déjà consommé 70% de l’enveloppe avec des prêts d’un montant moyen de 40 000 €. Enfin, dès 2018 , la BPI  reprendra totalement la main sur la gestion des garanties publiques à l’export assurée auparavant par la Coface . En Bretagne, l’international va devenir un autre axe stratégique important."

Le "crowdfunding", outil participatif en plein boom 

Les plates-formes de crowdfunding, autrement dit de financement participatif, permettent d'investir en un clic. Dès 2015, la CCI du Morbihan a signé un accord de partenariat avec Bulb in Town, une plateforme nationale. Elle a été rejointe en 2016 par la CCI des Côtes d’Armor. Ensemble, elles ont créé Bulb in Bretagne. "Cette plateforme  présente une vraie complémentarité des territoires et des projets tout en collant à notre ADN, privilégiant les financements participatifs « don contre don », accessible à notre public les commerçants et les TPE, expose Jean Pierre Bothua, Vice-président à la CCI Morbihan  en charge de la digitalisation. Nous venons  de fêter nos un an et demi d’existence et le bilan est positif : 20 campagnes ont été financées avec un succès de 80%. Le montant moyen par projet s’établit à 4 800 €. 70% des projets sont des créations d’entreprise tournées vers des activités de proximité. Une campagne dure en moyenne 45 jours et croyez-moi c’est suffisant ! Il s’agit pour le porteur de projet davantage d’une course de vitesse qu’une course d’endurance. Il doit  s'investir dans le marketing de son appel aux dons, une campagne de crowdfunding réussie requérant autant d'efforts que de convaincre un banquier. Les conseillers des CCI les  accompagnent techniquement et relayent leur communication."

Mais aussi Kiosk to invest, GwenneG

Avec Kiosk to Invest, les CCI d’Ille-et-Vilaine et du Finistère ont fait un autre choix. Cette plateforme de crowfunding vise à répondre aux besoins des entreprises qui veulent attirer des investisseurs dans leur capital et consolider leur financement, en complément des banques. "Kiosk to invest est ouvert aux projets à fort potentiel de développement dont les besoins en fonds propres sont compris entre 100 000 € et 5 millions d'euros, précise Benoît Cabanis. Je suis convaincu  que l’intervention des CCI, tiers de confiance, sur ce nouveau marché permet de sécuriser les données financières pour les investisseurs. En Bretagne, nous avons également GwenneG,  une offre unique dans le secteur du financement participatif. Elle soutient les projets bretons sous forme de prévente, de prêt ou d’investissement en capital".

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Repères

http://les-aides.fr®) : Ce site national  du réseau des CCI donne accès à l'information la plus exhaustive sur les aides publiques de soutien à l'économie. Elle couvre tous les besoins de l'entreprise (création, reprise ou cession d'entreprise, innovation, international, emploi, formation, développement durable, implantation, etc.).

Aides entreprises Bretagne  : ce site régional réalisé par la Région Bretagne et Bpifrance Bretagne donne accès à toute une gamme de financements destinés aux entreprises bretonnes : création, reprise, ou croissance externe, développement par l’innovation, conquête de nouveaux marchés en France ou à l’international.


TÉMOIGNAGES

Roué Pépinières : des aides pour prospecter hors des frontières

Afin de développer son activité à l’export, l’entreprise Roué Pépinière de Plouigneau dans le Finistère bénéficie de divers soutiens
Simon Cohen

Déjà bien connue des jardineries françaises (Truffaut, Jardiland...), Roué Pépinières a décidé de s’ouvrir à l’international. L’entreprise familiale finistérienne bénéficie de soutiens humains et financiers pour séduire des marchés étrangers, notamment au Royaume-Uni, Allemagne et Suisse, là où se vendent bien les plantes d’ornement.

Les périodes difficiles sont souvent l’occasion de remises en question constructives. C’est ce qui s’est produit pour Roué Pépinières, suite à une baisse de chiffre d’affaires de 2013 à 2015. "On s’est dit qu’il fallait prospecter en dehors des frontières hexagonales", confie Thomas Roué, 40 ans, dirigeant de Roué Pépinières avec son frère Olivier, 46 ans.
 

Un suivi par la CCIMBO à Morlaix

Afin de développer son activité à l’export, l’entreprise de Plouigneau dans le Finistère bénéficie de divers soutiens. Depuis le mois de janvier, BCI (Bretagne Commerce International), lui met à disposition une conseillère de la CCI de Morlaix, une demi-journée par semaine, et ce pendant 18 mois. "L’audit très positif et encourageant et les conseils éclairés de Dominique nous ont permis d’élaborer notre plan d’actions", se réjouit Thomas Roué. "Principalement, dans notre prospection, nous visons la Suisse, l’Allemagne et le Royaume-Uni, des pays vraiment passionnés d’horticulture et de jardins. Nous avons déjà l’habitude de nous y rendre, notamment pour des salons et des visites de pépinières spécialisées dans les petites pousses. A terme nous visons aussi les Pays-Bas, le fief de l’horticulture en Europe."
 

Une commerciale export

Roué Pépinières a également recruté en CDI et à temps plein une jeune femme diplômée de commerce international parlant couramment anglais, également assistée par la CCIMBO à Morlaix, pour l’aspect stratégie, et qui deviendra à terme la commerciale export de l’entreprise. Cette jeune femme de 24 ans est actuellement en train de créer un fichier prospects. Son poste est en partie financé par une aide « RH Export » allouée par la Région Bretagne à hauteur de 7 382 € pour cette année. La Région alloue également une aide à l’accompagnement au développement du numérique pour développer l’export. "Cette aide va servir à financer la moitié de notre budget communication pour l’export que nous estimons à 15 000 €, pour la traduction en anglais et en allemand du site internet, et pour augmenter notre présence sur les réseaux sociaux", détaille Thoma Roué. La réflexion de deux étudiants (commerce et veille commerciale/intelligence économique) vient compléter le tout.

L’entreprise bénéficie enfin d’une assurance « Coface » de BPI (Banque publique d’investissement) pour un montant de 50 000 € la première année, en guise d’avance sur trésorerie. "Pour bénéficier de cette assurance, nous avons dû budgéter un tas de choses, notamment notre présence sur des salons internationaux", précise Thomas Roué. "Cette assurance peut s’étaler sur trois ans, et nous devrons rembourser à partir du premier euro de chiffre d’affaires réalisé à l’export".

Investissements et embauches prévues

Thomas Roué, qui avait repris l’entreprise de son père avec son frère Olivier en 2003, est ravi de ce souffle de vent nouveau. "Nous tenons à cette entreprise familiale. Notre père avait démarré tout petit en 1973 avec un ami à Saint-Pol-de-Léon. Depuis le début, la pépinière s’est spécialisée dans les plantes d’ornement extérieures en pots, dont le camélia qui représente aujourd’hui 20 % de notre activité". L’entreprise fait principalement pousser ses plantes à partir de jeunes plants issus de « multiplicateurs » (80 %). Elle bouture également.

Aujourd’hui, Roué Pépinières produit 1000 références sur 15 hectares, à Plouigneau. La moitié des plantes poussent sous serres. En 2016, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 3,4 M d’€. Elle emploie 22 permanents, et en saison haute 26 à 27 personnes. A 98 %, ses clients sont des jardineries spécialisées (Truffaut, Jardiland, etc.); les 2 % restants sont des particuliers qui achètent sur le site internet de Roué Pépinières.

Suite aux difficultés rencontrées de 2013 à 2015, l’année 2016 a été bonne, ce qui a permis de redresser la barre et de relancer les investissements en 2017 pour moderniser les outils de production (autour de 200 000 €). Des embauches d’opérateurs de production sont également prévues courant 2017-2018, tout comme celle d’un troisième commercial en France, sous statut indépendant cette fois.

Rédaction : ​Charlotte Viart

Cahute : unique en France, sa Tiny House attire les financements

La "cahute" mesure 3,30 m de long, 2,20 m de large et 3,90 m de haut pour un poids total de 1,3 t. Ce poids plume lui permet de devenir la première micro maison en France à être homologuée par la Dréal comme une caravane, à simple essieu.
Cahute

La Tiny House, c’est plus qu’une micro-maison sur roue, c’est un véritable style de vie. Venu des États-Unis, il fait de plus en plus d’émules en France. Le tour de force de Thomas Longhi, fondateur de Cahute à Saint Briac (35) est d’avoir réussi à homologuer la première Tiny House en France, comme une caravane.

"Elle a tous les avantages d’une caravane mais le charme et les volumes d’une petite maison en bois. Une maison écologique, ultra légère, autonome en énergie et réellement mobile. Du coup, pas besoin de permis spéciaux pour la déplacer. Montée sur un châssis en bois, elle peut être tractée par n’importe quel véhicule y compris électrique", explique Thomas Longhi. Son crédo : "la sobriété heureuse appliquée à l’éco habitat."  L’entreprise a vu le jour en avril 2016 après avoir participé quatre mois plus tôt au concours "Etonnants créateurs" porté par la CCI Ille-et Vilaine et Saint-Malo Agglo. "Tout est parti de là ! Les équipes malouines de la CCI m’ont pris en main et apporté un soutien méthodologique dans la définition de mon business-plan. Certes je n'ai pas fini lauréat mais mon projet a attiré l'œil d'un grand nombre d'acteurs  économiques locaux. Très vite j'ai été contacté par les banques. Mon dossier a été accepté par un club Cigales ainsi que la plateforme d'initiative locale du pays de Saint-Malo." Au final, l’effet levier de ce concours a permis à Thomas Longhi d’obtenir  50 000 euros de financements, des prêts à taux 0, conditionnés pour une partie à l’homologation  "caravane" du prototype.

Un financement en deux parties

Cette obligation de résultat pour transformer son rêve en réalité, oblige le jeune créateur à trouver rapidement un système constructif innovant permettant d’obtenir un poids suffisamment léger pour être tractable par tout type de véhicule. "J'ai utilisé des techniques anciennes. Tous les bois sont débités sur mesure à partir d’une bille de bois de peuplier et assemblés d’une manière traditionnelle à savoir non vissés, comme les maisons à colombages. Les boiseries intérieures reçoivent une finition à l’huile dure et les murs une peinture dépolluante», explique le dirigeant. Résultat, après avoir modélisé et construit un certain nombre de maquettes, sa "cahute" mesure 3,30 m de long, 2,20 m de large et 3,90 m de haut pour un poids total de 1,3 t. Ce poids plume lui permet de devenir la première micro maison en France à être homologuée par la DREAL comme une caravane, à simple essieu. Dans la foulée, il décroche la seconde partie de son financement et crée son entreprise. Nous sommes en avril 2016. Avec un prix oscillant entre 20 000 et 30 000 euros selon l’équipement et le niveau de finition, Le premières commandes tombent.

Accompagné par l'Arist Bretagne, aidé par la Région

La fabrication des Tiny House démarre dans l'atelier de 200 m² situé à la Richardais non loin de Saint Briac. En parallèle, l'arrivée imminente de la LGV, programmée en juillet 2017, incite les acteurs du tourisme en Bretagne a imaginé des produits touristiques  innovants. Objectif affiché : attirer une nouvelle clientèle à la recherche d’expériences inédites autour de l'éco mobilité et l'éco habitat. La Tiny House conjugue parfaitement ces deux aspects. "Fin 2016, ma petite maison écologique et mobile intéresse une fois de plus les équipes de la CCI à Saint-Malo." Le service tourisme en lien avec l'Arist  Bretagne conçoive alors un produit touristique entièrement décarbonné incluant la "cahute", un réseau régional de campings et des partenaires "auto" disposant d'une offre électrique. "Pour ce projet, j'ai bénéficié d'un accompagnement complet, de la définition de la feuille de route marketing à la commercialisation du produit orienté usager. J'ai également décroché une aide Arpi (Aide régionale au produit innovant) de 30 000 € du Conseil régional pour la réalisation de deux prototypes, encore plus petits, mesurant 3m x 2m et pesant moins d'une tonne, diminuant encore la consommation d'énergie".

Des financements privés en perspective

Aujourd'hui, avec 3 Tiny House livrées, 5 en commande dont 2 prototypes en cours de fabrication, le premier chiffre d'affaires de Cahute atteint 120 000 euros. "C'est le double de l'objectif prévu. Durant l’été, je dois mettre en attente les constructions privées pour me consacrer à celles des prototypes. J'accueille deux personnes en alternance, des compagnons du devoir, que je vais former à ma technique. Mon projet, à terme, est de répartir mon activité en trois branches : produits touristiques, constructions privées et formation pédagogique." En attendant, Thomas Longhi multiplie les rencontres auprès des réseaux d'aide à la création d'entreprise. "Je suis entré en discussion avec Bretagne Capital Solidaire (lire l’article ci-dessous) pour opérer une levée de fonds". Le crowdfunding l'intéresse également, notamment la plateforme Gwenneg dont il s’est rapproché. " Les plateformes de crowdfunding sont devenus de formidables outils de marketing. Elles servent moins à lever des fonds qu'à impliquer de manière intime les consommateurs dans le développement de nouveaux concepts ou comme dans mon cas le lancement de nouveaux produits."

 

 

 

Le Café qui fume : le crowdfunding comme relais de communication

Depuis quelques semaines, Julien et Nolwenn Blaudeau ont le sourire encore plus rayonnant. « Elle est arrivée ! » Elle, c’est LA machine, la pièce clé de leur entreprise : un torréfacteur tout de fonte noire brossée qui impose son quintal au centre de l’espace comptoir, face à la porte d’entrée
Aude Sirvain

La trentaine fraichement atteinte, Julien et Nolwenn Blaudeau ont l’entreprenariat heureux. Ils viennent d’ouvrir Le Café qui fume à Auray, un coffee shop – épicerie fine qui séduit les curiosités. Pour se lancer, le couple a mené une campagne de crowdfunding sur la plateforme Bulb in Bretagne. Un ancrage local qui leur va bien.

L’effluve de café torréfié embaume le quartier et attise les nez. Depuis quelques semaines, Julien et Nolwenn Blaudeau ont le sourire encore plus rayonnant. "Elle est arrivée !" Elle, c’est LA machine, la pièce clé de leur entreprise : un torréfacteur tout de fonte noire brossée qui impose son quintal au centre de l’espace comptoir, face à la porte d’entrée. On ne peut la rater !
 

Un coffee shop en Bretagne !

Elle vient compléter, en chef de file, la panoplie d’outils et d’équipements très spécifiques que le jeune couple d’entrepreneurs a acquis pour ouvrir son café hors norme. Après un voyage en terres anglo-saxonnes et la visite de leur cousin torréfacteur dans le Winconsin, Nolwenn et Julien sont revenus avec une idée fixe en tête : ouvrir un coffee shop en France, en Bretagne préférentiellement et si possible en Morbihan, terre natale de madame. Ce sera finalement à Auray dans l’ancienne boutique d’encadrement, place Joffre.

Ouvert depuis sept mois, Le Café qui fume - c’est le nom de leur commerce -, séduit de plus en plus d’amateurs, et nombre de novices qui découvrent les subtilités et les qualités d’une des boissons les plus consommées. Passionnés, Nolwenn et Julien ne tarissent pas d’explications et d’anecdotes pour raconter les différentes variétés et façons de préparer le café*. Ils se font également les ambassadeurs enjoués des producteurs, locaux pour la plupart, qu’ils mettent en avant dans les étals de leur épicerie fine. "Nous avons créé un commerce à notre image, local et engagé", sourit Nolwenn.

Un premier fichier clients

"Local", le mot est lâché. C’est aussi par ce prisme quils ont choisi la plateforme "Bulb in Bretagne" pour mener leur campagne de financement participatif, ou crowdfunding pour les initiés. Lobjectif : récolter 5 000 pour investir dans du matériel d’extraction. Objectif atteint, dépassé même, grâce à une mobilisation continue de Nolwenn sur les réseaux sociaux et sur les canaux de la communication en général. "Cest chronophage certes, mais ça rapporte en termes de notoriété. Nous en sommes désormais convaincus."

Dans leur business plan, le crowdfunding a été appréhendé par le binôme entrepreneurial comme un relais de communication. "On a ainsi pu créer un premier fichier de clients, les souscripteurs dont certains sont devenus des fidèles et dautres des amis ! Cest lopportunité de se faire connaitre, d’écrire une histoire autour de notre entreprise, de faire de belles rencontres", précise Nolwenn. Soutenue par la CCI du Morbihan au cours de cette campagne, la jeune femme apprécie la plus-value singulière et évidente de la plateforme locale : l’accompagnement. "On nous a ouvert des portes, des réseaux, plus que le coup de pouce financier !"

Et si c’était à refaire ? "…Pas tout de suite, et sans les travaux liés à louverture", se remémore le couple.

Rédaction:Maude Duval 

*Torréfaction en public, le samedi

Le cocon d’Erell : une reconversion réussie avec le soutien d’Initiative Armor

Anne-Laure Gautier a ouvert, en mai 2017, le Cocon d'Erell, un commerce de prêt à porter en plein cœur de Saint-Brieuc.
V.Maignant

Après un master des métiers de l’enseignement et trois années de suppléance dans le premier degré, Anne-Laure Gautier a fait le choix de la reconversion. Avec l’aide de la CCI, elle a ouvert, en mai 2017, un commerce de prêt à porter en plein cœur de Saint-Brieuc. Un parcours sans faute.

L’aventure a démarré en septembre 2015 par un premier  atelier "5 jours pour entreprendre" animé par la CCI des Côtes d’Armor. S’en est suivi une formation de deux semaines à la Boutique de gestion. "Cette première étape m’a appris à établir un prévisionnel et réaliser une étude de marché approfondie. Ce travail requiert énormément de temps mais se révèle indispensable pour faire face à un jury constitué de banquiers et de professionnels", explique la jeune femme de 28 ans.

L’expérience, un préalable

Persuadée de la pertinence de son  projet et lassée d’enchaîner les suppléances, elle participe courant 2016 à tous les ateliers gratuits proposés par la CCI : cotisations sociales, RSI, financement, communication, elle profite au maximum de ce service réservé aux créateurs d‘entreprise. En parallèle, sur les conseils de son banquier, elle se fait embaucher dans deux boutiques de prêt à porter, chez un indépendant, puis chez  franchisé. "Il était indispensable de pouvoir justifier d’expériences pour prétendre à un prêt et avoir quelques chances devant un jury".

Obtention des prêts  

"J’ai monté mon dossier de A à Z avec l’aide de Rebecca Malvy, conseillère à la CCI. La recherche d’un local est ce qui prend le plus de temps. L’emplacement est stratégique, il ne faut pas se tromper". En mars 2017, fin prête, son dossier passe entre  les mains du jury d‘Initiative Armor qui juge favorablement le projet. Elle obtient alors un prêt d’honneur de 5 000 euros et décroche dans la foulée un prêt de 25 000 euros auprès de la BPO. "Le directeur faisait partie du jury et a accepté de me suivre connaissant mon dossier, ma motivation et mon parcours. L’accord de la plateforme d’initiative lui a servi de garantie. Malgré tout, je n’ai pas échappé au versement d’un apport personnel désormais obligatoire pour qui veut créer son entreprise". Avec le concours d’Initiative Armor,  Anne Laure Gautier a également bénéficié du Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes (FGIF). "Dans mon cas, ils se sont portés caution jusqu’à 22 000 euros en cas de faillite. C’est vraiment très intéressant, cela évite de trouver en plus du prêt des cautions personnels."

Du non-stop avant l’ouverture

Ensuite tout va très vite pour la jeune créatrice qui se fixe pour objectif d’ouvrir en mai 2017. Dépôt des statuts, signature du bail, démarches nombreuses auprès de la mairie pour l’autorisation de l’enseigne, l’obtention d’une dérogation accessibilité, la mise en place d’une grille, etc. "Croyez-moi il faut avoir les épaules solides pour faire face à l’avalanche de toute cette réglementation. C’est du non-stop ! D'autant qu'il a fallu un rafraîchissement et un réaménagement pour faire de ma boutique un vrai cocon, où les femmes se sentent bien, un endroit intime propice à l’échange."

Un démarrage réussi

Et c’est plutôt réussi ! Quand on pénètre dans l’univers du Cocon d’Erell, la chaleur du lieu est vraiment au rendez-vous. Le style de vêtement ? "Je cible les citadines romantiques de 18 à 25 ans et privilégie les marques françaises : Oppulence, La Petite Française, Mamouchka, entre autres". Les accessoires comme les bijoux sont aussi en bonne place. "Pour créer ma boutique, j’ai réalisé beaucoup de sacrifices, mis ma vie privée entre parenthèses, mais je suis heureuse dans ce que je fais. Le bouche à oreille fonctionne bien et le démarrage est bon. Je suis même au-delà de mon prévisionnel". Avant de laisser Anne Laure Gautier à ses clientes, on a tout de même envie de savoir qui est Erelll ? "Ah, c’est une de mes anciennes élèves, elle m’a beaucoup marquée…C’est ma façon à moi de faire un lien avec mon passé."