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Logistique et mutualisation des flux en Bretagne : Rapprocher la production de la consommation ou expédier la production ?

Bretagne économique, le 27.02.2012

Périphéricité de la région, faiblesse de son interland, marché endogène insuffisant… Le tout sur fond d’écotaxe et de flux de marchandises qui ne vont qu’en s’accentuant : sur toutes ces questions, nous avons sollicité « en flux tendus » (G.L), Vice-Président en charge de la Mobilité et des Transports à la Région, Patrick Lahaye (P.L) dirigeant des Transports Lahaye et Serge Rambault (S.R), directeur de Le Roy Logistique et président de Bretagne Supply Chain1. Interview croisée, interview musclée.






BE - La Bretagne comptait en 2010 sur son territoire rien moins que 12 des 15 premiers prestataires logistiques du Top 100. Cela dit, en 2012, ce « baromètre » du niveau d’activité d’un territoire est-il toujours aussi bien orienté ? Tendances, contradictions : que pointe-t-il ?


GL
Tout ne va pas bien en Bretagne. D’ailleurs si tout allait bien, je ne vois pas pourquoi on s’en occuperait. C’est donc la première réponse de bon sens : la logistique telle qu’elle existe ne répond pas aux besoins de notre temps et ce, pour différentes raisons.


Il y a les facteurs géographiques et physiques : nous sommes une péninsule éloignée de partout sans que la distance critique soit suffisante pour faire les choses de façon classique et nous avons un interland faible, ce qui veut dire que la spontanéité du marché endogène ne sert pas la cause de la Bretagne.


Ca ne suffit pas pour développer les secteurs de production dont on a besoin.


SR


Ma théorie est la suivante : on n’échappera pas à la mondialisation. Les marchandises et les flux vont bouger dans tous les sens avec des produits consommés là où ils ne sont pas fabriqués, et via Internet des produits seront vendus là où ils ne l’étaient pas auparavant. Cela va avoir un effet immédiat sur la logistique et son organisation. La grande distribution et les magasins, mais aussi les transporteurs et les villes, vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne.


Via le net, les gens commandent un lave-linge et il faut le leur livrer. Mais alors même qu’on fait des Grenelle de l’environnement, personne ne s’interroge sur la place ici des camions de livraison ! Or je pense qu’il y en aura encore plus car ce fameux dernier km de livraison se fera toujours par un camion.


Car le même consommateur, qui n’est pas à une incohérence près, se plaint qu’il y a trop de camions sur la route mais commande sur Internet et… en multiplie le nombre sur la route !


P.L


Je suis très clair : il n’y a pas d’autres solutions que le camion ! On ne va pas livrer en hélicoptère demain matin ! Je suis d’accord avec Serge Rambault. Le consommateur ne veut pas de poids lourds sur les routes quand il se rend au travail ou part en WE avec ses enfants mais il veut être livré en bas de chez lui quand il a commandé un canapé sur Internet. Et qu’on le lui monte à l’étage !
Et qu’on arrête de montrer le camion du doigt ! Avec les nouvelles normes, vous allez pouvoir mettre le nez au pot d’échappement et vous allez pouvoir respirer !



Magazine n°212 février-mars 2012


Propos recueillis par Serge Marshall


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