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Innovation dans le secteur agroalimentaire. Chacun son chemin.

Bretagne économique, le 02.05.2011

Pour survivre, les entreprises doivent innover. Le secteur agroalimentaire n’échappe pas à cette loi d’airain. Mais selon leur marché, les entreprises déplacent le curseur de l’innovation entre les bornes de la recherche, proche de la science pure, et celles du développement, plutôt dans une démarche d’adaptation des produits existants. Seul le résultat compte !

_ La Bretagne offre un territoire particulièrement fertile aux entreprises qui investissent le secteur des principes actifs.
C’est le cas d’Algues & Mer. Située à Ouessant, elle y récolte des algues brunes sauvages et cultive une algue rouge très particulière, dont elle extrait sur place et de façon naturelle des ingrédients actifs, pour la cosmétique, la nutrition, l'agronomie, la santé.
La société a déposé une demande d’allégation en cours d’évaluation par l’EFSA (l’agence européenne de sécurité sanitaire) pour InSea2®, ingrédient actif pour compléments alimentaires, en lien avec la lutte contre le diabète de type 2. “Si on l’obtient, ce sera le jackpot, explique Jean-Noël Villemin, l’un des fondateurs. Nous avons beaucoup réfléchi avant de lancer l’étude clinique en association avec une PME canadienne. Nous avons fait valider notre allégation par la DGCCRF, pour démarrer la prospection commerciale. Actuellement, notre situation financière est tendue, car il faut avoir la taille critique pour supporter l’innovation. Nous avons d’autres produits en portefeuille et nous sommes présents dans des projets collaboratifs, comme par exemple, avec Yslab à Quimper”.
_ “Les défricheurs doivent s’associer”, confirme Marc Hémon, gérant. La société quimpéroise a réalisé un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros l’an dernier. Elle s’appuie sur les travaux de ses dix ingénieurs et pharmaciens pour développer des produits de santé à partir d’ingrédients marins. Elle utilise des actifs qui peuvent venir de la mer (comme les extraits d’Algues & Mer) ou de l’agriculture (extraits de myrtille).
“L’agroalimentaire n’est pas notre cible principale mais à force de travailler avec les industriels, nous prescrivons la qualité, c’est-à-dire que nous les amenons à mieux maîtriser les process et à mieux valoriser tous les ingrédients, y compris les coproduits qui deviennent des actifs aux propriétés nutritionnelles prouvées.
Nous souhaitons une parfaite naturalité de nos actifs, dans la formule comme la galénique. La réglementation est le moyen de préserver les consommateurs du n’importe quoi. Nous nous soumettons à une organisation en cascade : en France, à la DGCCRF (qui peut renvoyer à l’AFSSA) puis à l’EFSA (qui peut renvoyer à l’AFSSAPS). En lançant un nouvel actif, il faut avoir conscience de tous les éléments à résoudre. Nous nous sommes organisés pour intégrer les niveaux de compétences nécessaires pour coordonner des projets qui peuvent faire appel à d’autres labos. Reste le problème du financement de l’amorçage. Nous cherchons un équilibre entre les nouveaux produits et ceux qui les financent, dans des allers- retours entre applications.”


Clotilde Chéron
_ Numéro 207 mai 2011

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