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Le co-investissement, ça marche

Bretagne économique, le 05.02.2015

Destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, le contrat en alternance représente plus qu’un diplôme, un emploi. Pour un grand nombre d’acteurs économiques il résout le paradoxe actuel d’un chômage élevé chez les jeunes, combiné à des difficultés de recrutement de certains métiers.

Chaque année en Bretagne, environ 24 000 jeunes s’engagent dans la voie de l’alternance. Parmi eux, 10 000 sont formés par le réseau consulaire dont 4 000 par les chambres de commerce et d’industrie. Basée sur le travail et la formation théorique, l’alternance permet de choisir entre le contrat d’apprentissage ou le contrat de professionnalisation.


500 000 apprentis en 2017


Passer de 420 000 apprentis aujourd’hui à 500 000 d’ici 2017, tel est l’objectif lancé par le Gouvernement en avril dernier. Pour Georgette Bréard, 1ère vice-présidente à la Région, en charge de l’apprentissage, « le Gouvernement met en œuvre des décisions qui doivent libérer la croissance, mais il est évident que les injonctions ne suffisent pas. L’apprentissage, c’est d’abord un contrat de travail. On aura beau fixer des objectifs ambitieux, si l’activité n’est pas au rendez-vous, les entreprises ne pourront pas recruter d’apprentis. » D’ailleurs, depuis deux ans, leur nombre est en baisse. En Bretagne, ils sont passés d’un peu plus de 18 000 (chiffre stable depuis 2007) à environ 17 500 à fin décembre 2014. Les secteurs bâtiment et automobile sont particulièrement touchés.


En essor dans le supérieur


Avec un budget de 115 millions d’euros en 2015 affecté à l’apprentissage, la Région entend rééquilibrer les niveaux de formation. « Du fait de la diminution du nombre d’apprentis, poursuit l’élue régionale, ce budget est constant par rapport à celui de 2014, seules les aides aux apprentis augmentent. L’élaboration de la carte des compétences des formations relève désormais de la responsabilité des Régions. Nous serons très attentifs au développement des formations dans le supérieur car il est essentiel de tirer l’emploi vers le haut en Bretagne, mais aussi de flécher les moyens vers des filières émergentes. Pour autant nous ne négligerons pas les secteurs socles comme le bâtiment et le premier niveau de qualification (niveau 5) où des besoins existent dans l’industrie. L’alternance est une des voies qui facilitent le mieux la transition professionnelle. J’appelle les entreprises à se mobiliser en faveur de l’emploi des jeunes notamment en s’engageant pour l’alternance. »


Légitimité du réseau consulaire

Plus ancienne forme au monde de transmission des savoirs, l’apprentissage garde aujourd’hui toutes ses vertus. Les jeunes qui choisissent ce parcours connaissent un chômage deux fois plus faible que leurs camarades qui optent pour la filière du diplôme seul, sans l’alternance dans une entreprise. « La formation en alternance fait partie intégrante de l’offre des CCI, souligne Robert Jestin. Il faut rappeler que la Bretagne connaît une hausse du chômage supérieure à la moyenne nationale, même si son taux y reste inférieur. Il faut favoriser l’apprentissage, car ce sont les jeunes qui sont le plus directement touchés. Il faut également développer une culture adaptée qui fait encore défaut ou encore offrir un plus grand nombre d’hébergements pour ces apprentis. L’Etat reconnaît le rôle majeur du réseau consulaire en matière d’alternance. Nous souhaitons vivement que l’engagement de la Région d’assurer l’équilibre budgétaire des centres de formation des apprentis puisse être respecté. »


Une offre renouvelée


Si en matière de nombre d’apprentis, la Bretagne peut mieux faire, elle bénéficie par contre d’un taux de placement et d’une qualité d’enseignement supérieure aux autres régions. Pour sensibiliser les entreprises à l’apprentissage, il est indispensable de tenir compte de façon étroite de leurs besoins, notamment des évolutions techniques de leurs moyens de production. « A la demande des entreprises, nous renouvelons régulièrement notre offre de formation, poursuit Robert Jestin. Quel que soit le niveau de formation, du CAP au bac + 5, nous allons privilégier en 2015 le tourisme, le développement durable, la transition énergétique ou encore l’économie circulaire. L’ensemble des CCI de Bretagne a passé des accords dans ce sens avec les CFA, les lycées ou les écoles supérieures. Une autre de nos priorités dans les années à venir sera aussi de conforter l’alternance dans nos formations supérieures, post-bac*. Interfaces numériques, nouvelles technologies, nouveaux systèmes productifs, ces métiers d’avenir réclament des compétences pour lesquelles nous devons aujourd’hui former des jeunes techniciens. »


* En 2013, 14 % des nouveaux recrutés en apprentissage et 35 % des nouveaux contrats de professionnalisation sont diplômés de l’enseignement supérieur, chiffres en hausse (Dirrecte Bretagne, 3.12.2014)


Article paru dans le numéro 5 de Bretagne économique
1er trimestre 2015 - Toutes éditions