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Escroqueries aux faux ordres de virement : 20 millions d’euros détournés en trois ans à l'insu des entreprises bretonnes et ligériennes

Bretagne économique, le 27.05.2014

Depuis 2011, les entreprises françaises sont la cible d’attaques menées par des groupes criminels, visant à les persuader, par des manœuvres complexes, de virer sur des comptes à l’étranger des sommes considérables dont les auteurs peuvent disposer en toute impunité, après que les fonds obtenus aient emprunté des circuits financiers complexes. La cour d’appel de Rennes rappelle aujourd’hui qu’au plan national les escroqueries aux faux ordres de virement, apparues en 2010, sont en pleine expansion. L’on recense ainsi, de 2010 à 2013 : 520 faits tentés ou commis concernant 360 sociétés victimes pour un préjudice global estimé à plus de 255 millions d'euros. Au plan local, la Bretagne et la Loire-Atlantique n’échappent pas à ce phénomène. Sur la même période , c’est une dizaine de faits qui a été recensé pour un préjudice total de 20 millions d’euros. Sur ce dernier montant 14 millions ont été escroqués fin 2012 à la société de commerce de bois PBM Import, installée à Pacé, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), les malfaiteurs ayant réussi à se faire passer pour des dirigeants de la société mère. Depuis, la police judiciaire a réussi à geler 4, 5 millions d’euros.

Ces attaques sont menées selon un scénario élaboré. Elles comportent en premier lieu une phasepréalable de recueil des informations sur l’entreprise à partir des informations légales et de toutes les sources ouvertes sur internet. Les malfaiteurs peuvent ainsi disposer de renseignements sur l’organisation de l’entreprise, l’identité de ses dirigeants et obtenir logo et signatures. Quelques indiscrétions obtenues par de simples appels au standard de la société peuvent également permettre de décider du moment le plus opportun pour passer à l’acte.



entreprise, ils entrent en contact par téléphone ou par courriel avec le service comptable de la société ciblée en se faisant passer pour le président de celle-ci et tentent ainsi, en évoquant à titre d’illustration une opération totalement confidentielle, de convaincre leur correspondant de réaliser en urgence un virement à destination d’un compte bancaire à l’étranger.
D’autres personnes, qui se font passer pour des professionnels du droit (avocats notamment), de l’audit ou de l’expertise comptable, peuvent intervenir pour donner du crédit à ce scénario. Une demande de virement avec la signature falsifiée du dirigeant est parfois adressée au service comptable.
Les malfaiteurs intègrent parfaitement les nouvelles technologies dans ce mode opératoire en usurpant des adresses électroniques et en donnant l’illusion que ce sont des numéros français qui appellent l’entreprise alors qu’il s’agit de numéros comportant des indicatifs locaux acquis auprès de plateformes hébergées à l’étranger.



La riposte à ces attaques passe avant tout par la prévention, la sensibilisation des salariés de l’entreprise à l’intelligence économique et le respect de protocoles internes visant à garantir la sécurité des virements internationaux. Face à une escroquerie réalisée, l’entreprise doit prendre des dispositions afin de retarder ou d’annuler l’exécution du virement frauduleux, en avisant sans délai l’établissement bancaire émetteur. Par ailleurs, le blocage des comptes bancaires destinataires des fonds suppose généralement de mandater en urgence un avocat spécialisé à l’étranger afin d’introduire une procédure de saisie conservatoire.
Sur le plan pénal, il est conseillé à l’entreprise victime de virements frauduleux d’informer les services spécialisés (police judiciaire ou section de recherches de la gendarmerie), de déposer plainte et de préserver toutes les traces informatiques.



Le traitement judiciaire des virements frauduleux, lorsqu’ils sont d’une particulière ampleur, est susceptible de relever, dans la région ouest, de la compétence de la juridiction interrégionale de Rennes spécialisée dans la délinquance financière complexe.


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